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Colloque "Les traités de paix, des tournants historiques ?"

Colloque

Colloque "Les traités de Paix"

Nathalie BIWER
Université de Toulouse Le Mirail



"Ich komme aus Versailles wo wir den Frieden gesucht und den Krieg gefunden haben": les espoirs déçus de la social-démocratie allemande face à Versailles.


Il s’agira ici d’ analyser la position du SPD face au traité de Versailles en s'appuyant en particulier sur le geste fort de Friedrich Stampfer qui démissionna avec éclat de son poste de rédacteur en chef du Vorwärts à la suite de la signature du Traité.

Ces positions de F. Stampfer et de la social-démocratie lors de la signature du Traité peuvent s’expliquer si on prend aussi en considération quels étaient leurs attentes et leurs espoirs en amont, et l’ampleur de leurs déceptions. La position de F. Stampfer, malgré la virulence de sa réaction, évoluera : de son rejet initial du traité de pais, il est passé à une politique plus pragmatique, s'est orienté vers une "Realpolitik" qui s'inscrivait dans sa conception de ce qu’il estimait devoir caractériser toute action politique: pour lui, un état de fait ne pourrait être surmonté qu’en recourant à des réformes.







Anne-Laure BRIATTE-PETERS
Université de Strasbourg et de Fribourg en Brisgau


« Der Krieg ist vorüber,
aber die Schlacht geht dennoch weiter. »
La paix de 1919 vue par les pacifistes allemandes


Lorsque la guerre éclata en Europe en 1914, les féministes « radicales » de l'Empire allemand regroupées autour de Lida Gustava Heymann, Anita Augspurg, Minna Cauer et Helene Stöcker rejetèrent la guerre comme moyen de régler des conflits d'intérêts et refusèrent par principe de participer au « Service National des Femmes » organisé par Gertrud Bäumer dès l’été 1914. Prenant le contre-pied de leurs homologues « modérées », elles concentrèrent leurs efforts pour faire cesser les affrontements au plus vite et instaurer une paix durable entre les peuples.
Notre intervention examinera l’engagement pacifiste des féministes « radicales » de l’Empire allemand pendant et au lendemain de la Première Guerre mondiale, en se concentrant sur leur travail de réflexion sur les conditions d’une paix durable entre les peuples et sur leur réaction au traité de paix signé à Versailles le 28 juin 1919.
Nous verrons d’abord quel projet pacificateur les féministes pacifistes du monde entier initièrent à La Haye en mai 1915, définissant d’ores et déjà un ensemble de principes destinés à offrir un cadre aux relations internationales une fois la paix rétablie, comme autant de conditions nécessaires à la pérennité de rapports pacifiques et humains entre les peuples. Il conviendra ensuite d’examiner la réaction des pacifistes radicales au traité de Versailles et à la création de la Société des Nations, purs produits, à leurs yeux, d’une logique de guerre typiquement masculine et symptomatique de l’échec complet de la politique masculine. Face à cette continuité historique qu’elles jugeaient funeste, les féministes pacifistes furent d’autant plus convaincues de la nécessité d’accorder aux femmes le statut de citoyennes à l’égal des hommes et de définir un nouvel ensemble de principes universels politiques et éthiques applicables à toutes les nations, afin d’amorcer un véritable tournant dans l’histoire, celui de l’émancipation des peuples et de leur engagement volontaire et conséquent pour une paix durable.


Jean-Paul CAHN
Université de Paris-Sorbonne






Deux paix pour un traité


La Sarre fut détachée de l’Allemagne au vingtième siècle après les deux Guerres mondiales. Chaque fois cette démarche fut dictée mutatis mutandis par l’exigence française de réparations et le désir de renforcer son industrie en affaiblissant celle de l’outre-Rhin. La première fois cette séparation fut la conséquence d’un traité de paix (Versailles) qui vit la création d’un territoire indépendant de l’Allemagne doté d’un statut international ; la deuxième fois elle fut la suite d’un fait accompli fondé sur les ambiguïtés d’accords entre occupants.
Chacun de ces détachements donna lieu à une domination française mal gérée et mal acceptée, qui eut pour effet de renforcer le sentiment national dans le territoire, et qui s’acheva par la manifestation massive, à l’occasion de référendums, du désir de la population de réintégrer l’Allemagne. Que l’un de ces référendums fût inscrit dans un traité de paix alors que l’autre fut la conséquence d’une décision bilatérale franco-allemade n’eut aucune incidence sur les résultats.
L’exemple sarrois permet de mettre en évidence deux aspects en rapport avec la thématique de notre colloque.
D’une part, traité de paix ou fait accompli, les périodes qui suivent les guerres peuvent être l’occasion de tournants à divers niveaux, de la vie des individus à la géographie d’un continent.
D’autre part les tournants qui caractérisent les après-guerres ont un caractère souvent provisoire. Les décisions de Versailles, qui devaient garantir une paix pérenne, notamment à travers la création d’institutions internationales nouvelles, conduisirent en Sarre à des débordements nationalistes qui trouvaient bien leur place dans la marche de l’Allemagne vers la guerre. L’autonomie des années 1945 – 1956, voulue par Paris et par Sarrebruck contre la volonté allemande, aboutit à la réintégration sans heurt (bien que difficile) de la Sarre à l’Allemagne.
Comparer les deux après-guerres sarrois conduit ainsi à s’interroger sur la relation traité de paix – tournant.


Mechthild COUSTILLAC
Université de Toulouse-Le Mirail.








En amont de la signature du Traité de Versailles, la Rhénanie prussienne est agitée par l'activisme d'un courant automomiste lequel, sous la devise Los von Preußen, vise à la création d'un Etat rhénan autonome dans le cadre du Reich et à la réorganisation fédérale de l'Allemagne en fonction du critère d'appartenance ethnique (Stammesprinzip). Craignant tout à la fois la mise en place d'un Etat centralisateur sous domination prussienne, la bolchévisation de l'Allemagne ou une annexion de la rive gauche du Rhin par la France, les autonomistes veulent créer un fait accompli en proclamant la République rhénane en juin 1919. Porté par des catholiques conservateurs, ce courant postule l'existence d'une identité rhénane plus authentiquement allemande que le prussianisme (Preußentum), qualifié d'étranger et rendu responsable des récents déboires du Reich. Au titre d'une germanité plus saine, pacifiste et démocratique, il attribue à l'Etat rhénan une double mission, celle de guérir l'Allemagne des maux qui la rongent et celle de garantir la paix en Europe. Déçus par les conditions de la paix de Versailles et la Constitution de Weimar, une partie des autonomistes se rallie, en 1923, au mouvement séparatiste et à leurs chefs de file issus du socialisme.

Alain COZIC
Université de Toulouse Le Mirail




Klaus Mann en 1918 et 1945 :
citoyen allemand ou citoyen du monde ?

En prenant en compte les deux autobiographies, Kind dieser Zeit et Der Wendepunkt, mais aussi les réflexions, critiques, discours et essais que Klaus Mann n’a cessé de rédiger sa vie durant, il s’agira d’examiner l’analyse de son époque à laquelle l’autobiographe et l’essayiste se livrent, les deux dates de 1918 et de 1945 constituant, dans l’histoire de l’Allemagne et la vie de l’auteur, deux moments clés, sinon deux « tournants » décisifs.
Quatre segments temporels et perspectives seront successivement et chronologiquement cernés, avec, toujours, en arrière-plan de la réflexion, la paix, l’absence de paix, la paix menacée puis impossible, la paix à venir : la Première Guerre mondiale et les années qui suivirent, le nazisme, la problématique de deux Allemagnes, l’après-Hitler.
Dans ces documents où un je s’exprime à plein, une personnalité se dit et se dévoile, Klaus Mann révèle aussi – et c’est cet aspect qui retiendra ici surtout l’attention – l’historien, l’historien des mentalités, le sociologue qu’il sait être.
Ces écrits d’un Allemand radicalement hostile à tout nationalisme, Européen avant l’heure, citoyen du monde, peuvent être considérés comme autant de sismogrammes précis d’une époque traversée au plus profond de soubresauts et de fractures.

Pascal FAGOT
Université de Reims

De tournant en tournant: la construction de la paix entre Allemagne et Pologne de 1945 à 1997 dans les témoignages sur la fuite et l'expulsion des Allemands hors de Pologne après 1945
Pour répondre à la question de savoir si les traités de paix sont des tournants histori¬ques, nous nous rendrons au niveau de la micro-histoire et nous interro¬gerons sur la façon dont est présentée la construction de la paix depuis 1945 dans des textes de témoignage sur la fuite et l'expulsion des Allemands hors de Pologne rédigés en 1997.
Dans un premier temps, nous verrons que si l'armistice du 8 mai 1945 est évi¬dem¬ment un tournant historique puisqu'il marque la fin des opérations mili¬taires et donc la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, ce n'est pas la paix qu'il apporte dans l'Est de l'Allemagne occupé par l'Union Soviétique puis la Pologne, mais la violence de la guerre que l'Allemagne a menée dans l'Est de l'Europe et que la population allemande de ces régions découvre avec effarement.
Dans un second temps, nous constaterons que les accords de Potsdam, que ne signent ni l'Allemagne ni la Pologne, et qui ambitionnent d'organiser la nouvelle paix en redessinant les frontières de l'Allemagne et de la Pologne et en séparant les populations allemande et polonaise, sont un autre tournant historique qui ne crée pas non plus les conditions d'une véritable paix. En utilisant des moyens propres à la guerre dont ils sont issus tels que le transfert obligé et souvent violent de populations, ils créent incompréhension et amertume et donnent naissance à une paix qui doute d'elle-même.
Nous verrons enfin que c'est dans un contexte historique, économique et culturel en permanente évolution que les deux États allemands (en 1950 pour la RDA et en 1970 pour la RFA) puis l'Allemagne réunifiée (en 1990) signent avec la Pologne des traités bilatéraux établissant définitivement la ligne Oder-Neisse comme frontière germano-polonaise, créant ainsi progressivement les conditions d'une paix aussi définitive que peut l'être la paix, véritable tournant historique dans la relation polono-allemande.
Le nouveau cadre politique ainsi mis en place permet aux anciens habitants des régions situées à l'Est de l'Oder et de la Neisse de s'y rendre et de s'y confronter avec leur nouvelle réalité. Lors de ce séjour dans ce qui fut leur Heimat, la plupart des auteurs de récits de témoignages rédigés à la fin des années 1990 complètent le tournant historique politique par l'évocation d'un véritable tournant dans leur histoire personnelle qui leur révèle le caractère inéluctablement passé du passé. Ceci les amène à reconnaître et à accepter définitivement la réalité issue de la guerre, à signer individuellement un traité de paix avec la Pologne et les Polonais et à redéfinir leur relation avec leur région natale pour la réintégrer dans leurs projets d'avenir.

Françoise KNOPPER
Université de Toulouse Le Mirail


Abandon partiel des paradigmes westphaliens
entre 1763 et 1797

Quatre groupes de traités de paix sont envisagés dans cet exposé
- le traité de Hubertusbourg, contemporain de celui de Paris en 1763 ;
- le traité de Teschen de 1779, qui met un terme à une simple campagne militaire entre l’Autriche et la Prusse ;
- le démembrement de la Pologne entre 1772 et 1795, en vertu d’accords censés avoir évité une guerre entre Russie, Autriche et Prusse
- les traités signés entre la France et les divers Etats allemands entre 1795 et 1797, dont ceux de Bâle et de Campo Formio.
Et il s’agira d’examiner s’ils ont altéré des paradigmes ancrés dans les traités de Westphalie en 1648 tels que :
- équilibre des puissances comme condition du maintien de la paix ; abandon d’ambitions hégémoniques ; européanisation des enjeux ; « libertés germaniques » garanties par des puissances étrangères
- droit des gens, des nations, application des principes de l’amnistie et de la restitution de biens confisqués ; socle d’un droit public international;
- codification des rapports confessionnels, sécularisation de la politique, la légitimation des guerres ne pouvant plus être religieuse.
- valeur de Loi fondamentale, à respecter par toutes les juridictions.

Ces accords et traités de paix signés dans le dernier tiers du XVIIIe siècle ont-ils levé des ambiguïtés qui persistaient depuis 1648, en particulier concernant les rapports entre les Etats allemands et l’Empereur ? Cette question, à l’époque déjà, a suscité dans la sphère publique des interrogations voire des récriminations. En effet, les Etats allemands avaient été certes co-signataires des traités en 1648 et obtenu le droit de conclure leurs propres alliances si elles n’étaient pas contraires aux intérêts impériaux. Pourtant, comme les institutions du Reich perduraient, le pouvoir des Etats dans l’Empire risquait de rester potentiel, ce qui a suscité des crises internes.

Les quatre groupes de traités retenus ici seront envisagés de façon comparative, en tenant compte de trois niveaux : pourparlers entre souverains et diplomates ; réactions individuelles de contemporains ; interprétations ultérieures et traditions collectives qui ont affecté à ces différents traités la fonction de tournants historiques ou qui la leur ont dénié.

Hélène LECLERC
Université de Toulouse Le Mirail



La « déclaration de réconciliation » du 21 janvier 1997,
un tournant dans les relations germano-tchèques ?


Le processus de réconciliation engagé après 1989 par la République fédérale d’Allemagne et la République fédérative tchèque et slovaque a d’abord débouché sur la signature le 27 février 1992 d’un « traité sur les rapports de bon voisinage et la coopération amicale ». Ce traité ne réglait cependant pas les contentieux de la Seconde Guerre mondiale, à savoir la question sudète et la question de l’indemnisation par l’Allemagne des victimes tchèques du national-socialisme. Ce fut donc l’objectif de la « Déclaration germano-tchèque sur les relations mutuelles et leur futur développement », dite « déclaration de réconciliation », signée le 21 janvier 1997 au terme de deux années d’âpres négociations, et constituant « la première formulation officielle commune des contentieux tchéco-allemands hérités du passé » (Anne Bazin). Les débats s’étaient alors cristallisés autour de la notion de « trait définitif tiré sur le passé » [Schlussstrich].
Cette déclaration a fait l’objet, au moment de son dixième anniversaire en 2007, de diverses commémorations, en République tchèque comme en Allemagne, qui furent autant d’occasions de dresser un bilan des avancées de la déclaration et qui nous permettent d’interroger la dimension de tournant d’un texte encore sujet à des interprétations divergentes.

Reiner MARCOWITZ
Université de Reims

Nach dem « Großen Krieg » : der Kongress von Wien 1814/15 und die Pariser Friedenskonferenz 1919 – Parallelen und Unterschiede

Der Wiener Kongress 1814/15 und die Pariser Friedenskonferenz 1919 weisen sowohl Gemein¬samkeiten als auch Unterschiede auf: Gemeinsam war ihnen zunächst der jeweils vorange¬gan¬gene „Großen Krieg“, sodann sein ihm inhärenter ideologischer Faktor, schließlich der aus den immensen personellen und materiellen Verlusten resultierende Wunsch, einen dauerhaften Frie¬den zu stiften, der einen vergleichbaren Konflikt fortan ausschließen sollte. Ebenso gab es im verhandlungstechnischen Bereich Parallelen, sowohl in der Form eines Leitungsorgans der jewei¬ligen Großmächte als auch durch die Einbeziehung von Sonderkommissionen für einzelne Fra¬gen.

Doch ebenso deutlich wie die Gemeinsamkeiten fallen auch die Unterschiede ins Auge: vor allem die unterschiedliche Behandlung des/der Besiegten– in Wien aktiv einbezogen, in Paris isoliert – , überhaupt der letztlich vorherrschende antirevolutionäre Konsens zwischen den Hauptsieger-mächten und selbst dem unterlegenden Frankreich in Wien, dem in Paris eine konfliktträchtige Mächtekonstellation gegenüberstand, die sogar die Siegerkoalition spaltete. Dies wiederum resultierte wesentlich aus der unterschiedlichen Bedeutung der öffentlichen Meinung für beide Kongresse: In der in Wien wieder zelebrierten Welt des Ancien régime wurde sie ignoriert, im Zeitalter demokratisch verfasster Nationalstatten 100 Jahre später war sie hingegen von unüber¬sehbarer Bedeu¬tung. Hieraus resultierte schließlich auch die unterschiedliche Dauer bzw. Stabili¬tät der jeweiligen Nachkriegsordnung: Die in Wien geschaffene überdauerte mindestens ein hal¬bes Jahrhundert, wenn nicht sogar bis zum Ersten Weltkrieg, die Pariser hingegen erlag späte¬stens seit Ende der 1920er Jahre den Schlägen imperialistischer und revanchistischer Mächte.

Nach einer lange Zeit eher einseitig-kritischen Betrachtung anerkennt die internationale Ge¬schichtsschreibung mittlerweile sowohl die strukturellen Unterschiede der jeweiligen historischen Situation nach den Revolutionskriegen und dem Ersten Weltkrieg als auch die sich hieraus erge-benden Sachzwänge der in Wien und Paris verhandelnden Diplomaten und Politiker. Diese Ein¬sicht verbietet auch einfache Parallelschlüsse im Hinblick auf unsere aktuelle Situation nach dem Ende des Ost-West-Konflikts. Gleichwohl weckt vor diesem Hintergrund eher die multipolare und zumindest zeitweise konsensorientierte Mächtekonstellation nach 1814/15 Interesse als das ideologisch aufgeladene und politisch verhärtete System nach 1919.



Monique MOMBERT
Université de Strasbourg




La constitution d’une mémoire de la paix par le biais de l’enseignement au début du XXe siècle




Le caractère national du système éducatif allemand et la mission patriotique de l’école sont affirmés à la fin du XIXe siècle, dès lors que le lien entre l’Etat et l’école est placé sur le plan politique, sans pour autant que soit abandonné l’objectif de la coexistence entre les peuples. Un pas est franchi avec la Constitution du Reich en 1919, qui mentionne la réconciliation entre les peuples dans son article 148. Si les conditions pour œuvrer à une « mémoire de la paix » semblent ainsi établies au niveau des principes, les circonstances de l’après-guerre infléchissent le projet éducatif de Weimar. Nous chercherons à montrer comment le projet, toujours contrarié, de faire entrer l’idée de paix à l’école, évolue dans le temps, jusqu’aux années 1930.


Thomas NICKLAS
Université de Reims

Guerre et Paix entre Confédérés: Pacification religieuse et politique en Suisse.
L’exemple de la Troisième Paix territoriale de 1656

L’exposé présente le Corps Helvétique au milieu du XVIIe siècle entre guerres et paix. On se posera notamment deux questions : Comment faire la guerre dans l’ancienne Suisse ? Comment faire la paix entre Confédérés ? La réflexion tourne autour de la Troisième Paix territoriale ratifiée les 26 février et 7 mars 1656 par les cantons protestants de Zurich et Berne après la guerre perdue contre les cantons catholiques. Le conflit à propos de la constitution d’une paroisse réformée à Arth sur le territoire du canton catholique de Schwytz fut à l’origine du conflit armé et de la bataille sanglante de Villmergen. On étudiera les procédés institutionnels mis en œuvre pour arriver à une pacification d’un Corps Helvétique en ébullition. La Troisième Paix territoriale de 1656 assurera une paix fragile à la Confédération, jusqu’au prochain duel des deux blocs confessionnels, en 1712. Si on souhaite fixer les facteurs qui rendirent possible la pacification religieuse et politique de 1656, il convient d’insister sur la portée des éléments suivants :

- la Diète fédérale reste un forum du dialogue pour les deux partis
- la Confédération dispose d’un médiateur reconnu en la personne du bourgmestre bâlois Johann Rudolph Wettstein
- le réalisme politique conduit à la raison : les catholiques ont remporté la victoire, mais au cours d’un conflit prolongé tous les facteurs auraient joué en faveur des protestants
- le risque d’une intervention étrangère planait sur la Suisse, redoutée par chacun des partis
- les autorités craignaient la fureur des paysans, premières victimes de la guerre, acteurs d’un soulèvement violent en 1653.

Force est de constater que l’antagonisme confessionnel restera en Suisse, tout comme aux Pays-Bas et dans les Allemagnes, un important facteur de discorde jusqu’aux vagues de modernisation et de sécularisation des deux derniers siècles.


Peter PICHLER
Institut für Österreichische Rechtsgeschichte und Europäische Rechtsentwicklung der Universität Graz


1955 als Wende?
Der österreichische Staatsvertrag und die Konstruktion von Frieden

Das Thema des Vortrags ist der österreichische Staatsvertrag, der am 15. Mai 1955 unterzeichnet wurde und Österreich als unabhängigen und demokratischen Staat wiederherstellte. Der österreichische Staatsvertrag soll aus der Sicht der Fragestellung der Tagung untersucht werden: Ist der Staatsvertrag für die Zweite Republik wirklich eine „Wende“ in umfassendem Sinne? Bewirkte jener 15. Mai 1955 einen mentalitätsgeschichtlichen Einschnitt, sodass ab diesem Zeitpunkt tatsächlich der Friede und die Friedenserhaltung im Mittelpunkt standen? Wurde der Staatsvertrag als „Friedensbringer“ für die Zukunft betrachtet? Kurz: Wie sieht es mit dem Zusammenhang zwischen österreichischem Staatsvertrag und der Konstruktion von Frieden in Österreich, jedoch auch für Europa aus? Der Beitrag nähert sich diesen Fragen in drei Schritten:
Zuerst wird eine kurze Skizze der politischen Situation in Österreich und Europa um 1954/55 gegeben, um die Geschichte des österreichischen Staatsvertrags in Erinnerung zu rufen. Der Diskurs, der sich hier zwischen den Besatzungsmächten und Österreich um den Staatsvertrag entwickelte, war für das weitere Geschehen von entscheidender Bedeutung.
Es folgt eine Untersuchung des Diskurses um den Staatsvertrag auf zwei Ebenen. Als erste Ebene ist der offizielle politische Diskurs, der die Unterzeichnung des Staatsvertrages begleitete, zu analysieren. Welche Rolle spielt das Diskurselement „Frieden“ auf dieser Ebene? Wie wird der Friede für Österreich und Europa in der offiziellen politischen Debatte konstruiert?
Anschließend steht der Diskurs von Ego-Dokumenten im Fokus. Ein Beispiel aus der Memoiren-Literatur dient dazu, sich dieser Ebene anzunähern. Dieser Schritt ist entscheidend. Er erlaubt direkten Zugriff auf die Mentalitätsstruktur der Akteure. Wie werden in dieser ungefilterten und persönlichen Quelle der österreichische Staatsvertrag und der Friede miteinander in Verbindung gebracht? Stellt der Staatsvertrag auch auf der Ebene von Ego-Dokumenten eine „Wende“ in der Konstruktion von Frieden dar? Die Verzahnung von beiden Ebenen – offiziellem politischen Diskurs und Diskurs von Ego-Dokumenten – erlaubt die Untersuchung des österreichischen Staatsvertrags nach einem kritischen Wendebegriff. Am Ende steht eine Hypothese, die einiges an kritischem Licht auf den österreichischen Umgang mit dem Staatsvertrag wirft.


Isabelles SOLERES
Université de Poitiers




La guerre et la paix de 1870/71 vues par l’écrivain prussien Theodor Fontane (1819-1898)

Le reporter et écrivain prussien Theodor Fontane (1819-1898) arpenta, en qualité de correspondant de guerre, les champs de bataille au Danemark, en Autriche, puis en France, de 1864 à 1871, et rédigea de nombreux reportages qu’il publia en neuf volumes, entre 1864 et 1876, contribuant ainsi à façonner les mythes fondateurs de l’empire unifié par Bismarck. Six de ces volumes sont consacrés à la guerre franco-allemande de 1870/71, à laquelle l’armistice, conclu à Paris le 28 janvier 1871, mit un terme.
Les volumes consacrés à ce conflit furent publiés entre 1871 et 1876. C’est sans doute en raison de ce traitement précoce du conflit que Fontane ne se réfère pas au texte du traité de paix franco-allemand, auquel il n’avait pas eu accès. Néanmoins, cette paix marqua un tournant historique à ses yeux.
Après un bref résumé des grandes lignes du traité de Francfort et l’évocation des expériences de guerre de Fontane, en 1870/71, nous nous attachons à mettre en évidence la manière dont Fontane perçoit et interprète la guerre franco-allemande, ce qu’il voit et comment il le voit. En effet, Fontane compte parmi les écrivains qui, en temps de paix, ont érigé des lieux de mémoire servant souvent à entretenir la mémoire de la guerre, de sorte que le tournant historique semble moins celui que représenta la conclusion de la paix que celui marqué par les grandes batailles. Malgré cela, Fontane a été souvent perçu comme un apôtre de paix, en raison notamment de sa vision nuancée de la France et des Français, dans les trois ouvrages sur la guerre franco-allemande, pourtant écrits pendant et peu après le conflit. Néanmoins, son patriotisme s’exprime sans détours, en particulier lorsque Fontane présente la paix retrouvée comme le moyen de consolider la nouvelle Prusse-Allemagne et de garantir son rayonnement futur. Dans cette optique, Fontane attache une importance particulière à l’unification des mentalités, une fois la paix rétablie, et il espère en premier lieu que l’Allemagne saura conserver dans de bonnes conditions l’Alsace et la Lorraine, conquêtes qu’il n’a jamais remises en question.

Dr. Karin SCHNEIDER
Klagenfurt/Wien

„Les Plénipotentiaires sont convenus…“
Das Wiener Kongresssystem
(1814/15–1822) als Instrument der Friedenswahrung


Als die Signatarmächte Großbritannien, Preußen, Österreich, Russland und Frankreich am 20.
November 1815 den Zweiten Pariser Frieden unterzeichneten, enthielt das Vertragswerk eine
grundlegende Neuerung, die den Beginn einer neuen diplomatischen Ära in Europa einläutete:
In Artikel VI über die Erneuerung der Quadrupelallianz wurden – auf Initiative des englischen
Gesandten Castlereagh hin – periodische Treffen der Monarchen und ihrer bevollmächtigten
Minister zu Konsultationen über Fragen von gemeinsamem Interesse und zur Abstimmung
der europäischen Politik festgeschrieben.
In Aachen, Troppau/Oprava, Laibach/Ljubljana und Verona fanden bis zum Jahr 1822 Zusammenkünfte der Monarchen und der leitenden Staatsmänner statt, um die auf dem Wiener Kongress nicht gelösten Probleme bzw. neu aufflammenden politischen Krisen, welche das europäische Gleichgewicht gefährdeten, zu meistern. Dabei traten jedoch rasch unterschiedliche Vorstellungen von „Legitimität“, eine grundsätzliche Spaltung der Interessen der drei konservativen Ost- und der zwei liberalen Westmächte zu Tage. Während insbesondere England stets das Nicht-Interventionsprinzip vertrat, schrieben die Ostmächte im „Troppauer Protokoll“ (19. November 1820) das von ihnen beanspruchte Recht bewaffneter Einmischung, vor allem zur Wahrung der Rechte eines legitimen Herrschers, fest. Dieses nahmen sie im Folgenden auch wahr, als sich Wien und Moskau über die Durchführung der ersten praktischen Interventionsmaßnahmen in Neapel und Piemont einigten.
Nach Castlereaghs Tod gelang es der Konferenz von Verona 1822 schon nicht mehr, praktische Maßnahmen zu setzen angesichts des beginnenden, von Russland protegierten Freiheitskampfs der Griechen gegen das Osmanische Reich oder angesichts des Bürgerkriegs in Spanien, wo französische Truppen schließlich 1823 dem Ultra Ferdinand VII. wieder zu seinem Thron verhalfen.
Die Weichen für diese historische Wende in der außenpolitischen Kommunikation europäischer Mächte waren auf dem Wiener Kongress gestellt worden, die Ausformulierung erfolgte im November 1815. Das neue System der Friedenswahrung konnte sich trotz aller weltanschaulichen und machtpolitischen Differenzen zwischen den europäischen Staaten etablieren. Bis zum Ausbruch des Ersten Weltkriegs stabilisierte es die politische Landschaft Europas und verhinderte einen gesamteuropäischen Krieg – auch wenn in jüngster Zeit in der
Forschung anderslautende Thesen (z. B. A. Sked) vertreten werden.

Dr. Eva Maria WERNER
Innsbruck



Beginn eines "goldenen Zeitalters"
oder "abermaliges Unglück"? Ein Streit in der
Presse über den Pariser Friedensvertrag



Bereits kurz nach Abschluss des Zweiten Pariser Friedensvertrag erschien in der halboffiziellen Wiener Zeitung „Der Österreichische Beobachter“ ein Artikel von Friedrich von Gentz zu diesem Anlass: Detailliert schilderte er darin die Vorzüge und Verdienste des Friedenswerkes. Seine Ansichten blieben jedoch nicht unwidersprochen: Knapp zwei Wochen später antwortete Joseph Görres in seinem in der preußischen Rheinprovinz erscheinenden Blatt „Der Rheinische Merkur“ und erhob bittere Vorwürfe gegen Gentz` Darstellung und Bewertung. Jener wiederum wollte dies nicht auf sich beruhen lassen und schrieb eine neuerliche Replik, die im Januar 1816 im „Beobachter“ abgedruckt wurde.
Diese Vorgänge sind aus mehrerlei Hinsicht von Interesse. So zeigen sie nicht nur das Duell zweier herausragender Schriftsteller, sondern stellen auch einen besonderen Moment in der österreichischen Pressepolitik dar: Angesichts der herangebrochenen Friedenszeit erlaubte Metternich für kurze Zeit, offensiv für die Überzeugungen der österreichischen Staatsführung einzutreten. Dies ermöglichte das offene Aufeinanderprallen zweier Überzeugungen. Ein Vertreter althergebrachter Kabinettspolitik diskutierte mit einem Verfechter nationaler Ziele und des Rechts des Volkes auf Mitsprache. Natürlich mussten sich die Geister vor allem an der Frage des Umgangs mit Frankreich scheiden. Während für Görres die Schonung Frankreichs zulasten einer „Wiedergeburt des eigenen [deutschen – E.W.] Vaterlandes“ geschah und unweigerlich zu neuem Krieg durch den alten Aggressor führen musste, sah Gentz in der Stabilisierung des zerrütteten Staates die Garantie für einen dauerhaften Frieden in Europa. Dementsprechend unterschiedlich fielen die Bewertungen des Zweiten Pariser Friedensvertrages letztlich aus: Der österreichische Staatsdiener interpretierte ihn als Beginn eines „goldenen Zeitalters“, wohingegen der rheinische Publizist ihn als „abermaliges Unglück“ einstufte – zwei Perspektiven auf ein Werk, denen auch bei einer heutigen Betrachtung des Friedensvertrags als historischer Wende Rechnung getragen werden sollte.



 

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