Exposition "La Bible : quels enjeux culturels ?"

Publié le 24 février 2017 Mis à jour le 3 mars 2017
“ Il est important de constater que la Bible est un objet culturel commun à nos différents champs disciplinaires au sein de notre université laïque, service public. De quels intérêts cet objet peut-il être porteur aujourd’hui ? ” : tel fut l’argument avancé par des étudiants du Mirail, quand ils ont demandé l’autorisation de faire cette exposition au Fonds de Soutien au Développement des Initiatives Étudiantes (F.S.D.I.E.).

Nous sommes heureux de la décision qu’a prise le Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire, de soutenir cette proposition faite en date du 5 avril 2005. L’université est en effet un lieu privilégié où, dans le respect de la laïcité, il est permis de mesurer l’ampleur et la portée des enjeux culturels de la Bible. Quelle que soit notre discipline, chacun de nous, à un moment donné, est amené à croiser un passage de la Bible, cela peut-être par exemple un proverbe, une citation quelconque, une image, un personnage biblique, etc.

Ainsi, chaque étudiant, chaque chercheur est confronté à des débats ou à des conflits d’interprétation par rapport au sens qu’il est possible de donner au texte biblique. L’approche universitaire que nous proposons dans cette exposition, menée à la fois par des étudiants et des enseignants, se veut à la fois rigoureuse et « rationnelle », ouverte, nécessairement imparfaite ou incomplète, mais veut éviter la polémique relative aux différentes croyances.

Il s’agit avant tout d’avoir un regard libéré de tout préjugé, dans un respect mutuel, et en ne blessant personne, mais en laissant la place à la libre expression. Notre souhait principal est - de faire connaître un élément fondateur de la culture judéo-chrétienne - et de susciter un échange constructif L’exposition à la Bibliothèque universitaire comporte 32 panneaux, répartis en en 7 thèmes majeurs : approche historique, géographique, littéraire, sociologique et artistique pour permettre d’engager des débats et souhaite susciter des rencontres. C’est aussi l’objectif des deux journées plus scientifiques. C’est encore l’objet des animations prévues sur le campus. Ce texte de Paul Ricoeur a inspiré notre réflexion : “ Autant une herméneutique qui met l’accent principal sur l’intention de l’auteur tend à revendiquer pour le sens du texte un statut d univocité, si tant est que ce que l’auteur a voulu dire peut se réduire à une unique intention, autant une herméneutique attentive à l’histoire de la réception sera respectueuse de la plurivocité irréductible du texte. Ce trait vaut dès le 1er rapport du texte avec une variété de communautés qui s’interprètent elles-mêmes en interprétant le texte. Il est rare en effet que plusieurs communautés d’interprétation ne soient pas engendrées par le même texte. En ce sens, plurivocité du texte et lecture plurielle sont des phénomènes connexes. Ainsi, le texte n est pas quelque chose d’unilinéaire -ce qu’il pourrait être en vertu de la finalité instituée par l’intention présumée de l’auteur -, mais multidimensionnel, dès lors qu’il ne donne pas à lire sur un seul niveau mais à plusieurs niveaux à la fois par une communauté historique porteuse d’intérêts hétérogènes.
De même qu’une oeuvre d’art sollicite plusieurs interprétations dont les effets cumulés veulent à la fois rendre justice à l’oeuvre et contribuer à sa vie ultérieure, de même, les manières dont la communauté interprétante propose une lecture et une interprétation historiques contribuent à la pluridimensionnalité du texte. ” Paul Ricoeur et Abdré La Cocque, Penser la Bible, p 13, Seul 1998 Ont participé à la réalisation de cette exposition : Coordination : Serge Delsaut Sociologie : Benoît Petit, Yankel Abergel, Anaelle Ingold Histoire : Sandra Bourguet, Philippe Foro, Pierre Cordier, Erwin Julien, Owen Chadwick Géographie : Aurélien Baldet, Pascale Bonef Bibles anciennes : Alexandre Bereczki, Adela Bereczki Littérature : Amandine Bombail, Jean-Christophe Cabanis, Claire Pascal, Michel Bressolette, Isabelle Hoarau Musique : Jean-Christophe Maillard, Mylène Dubiau Calligraphie : Riccardo Di Giuseppe Calligraphie arabe : Habib Samrakandi, Abdellatif El-Yagoubi Exposition appuyée par les groupes de recherche IRPAL (dirigé par Jean-Louis Breteau) et ERASME (dirigé par Pascal Payen)


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l'exposition

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