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Séminaire régulier : "Fictions de mondes possibles. Sciences, science-fiction et "lignes de crête" historiques

le 29 janvier 2016
10h - 12h
salle D155

Intervenant : Antonella Capra & Jean Nimis, Université Toulouse 2 Jean-Jaurès
Intitulé : "Valerio Evangelisti et le recueil Métal hurlant"




Affiche Axe 1

Affiche Axe 1

Responsables scientifiques : Yves IEHL, Jean NIMIS

"Mondes possibles, science-fiction et «lignes de crête» historiques"

Comment le récit bref de science-fiction ou d’anticipation peut-il à certaines périodes bien précises refléter les visions, les problèmes et les conflits d’un monde en crise, notamment à partir des épisodes saillants de tension et de crispation qui ont marqué le XXe siècle et le début du XXIe siècle ?
C’est à cette exploration qu’invite le séminaire de l’Institut IRPALL à Toulouse  en 2015-2016.
La perspective consiste à  comparer les aires géolinguistiques littéraires, notamment européennes, et à croiser ainsi la diversité des points de vue et approches qu’elles permettent.
On s’intéressera plus particulièrement à la mise en scène, dans un certain nombre de récits brefs marquants, de phénomènes de franchissement de seuil ou de changements de paradigme (linguistique, stylistique, philosophique, social, politique, technologique, humain) en des périodes charnière de l’époque contemporaine. On pourra ainsi mettre en relief comment la narration, par son inventivité même, est devenue le miroir (parfois paradoxal) de l’Histoire.
On pourra ainsi s’intéresser en particulier aux périodes des totalitarismes (avant-guerre), à l’époque de la Guerre Froide, à celle de la conquête de l’espace, à l’entrée dans l’ère des nouvelles technologies (liste non exhaustive), et voir comment les ressources de la fiction traduisent la perception de ces crises ou de ces changements majeurs.
Les séances du séminaire déboucheront sur une journée d’étude le 9 juin 2016.

Contact :
Christine Calvet, Institut IRPALL

Résumé de la séance

Le recueil de 1998 de l’écrivain italien contient quatre évocations infernales de la peur, inspirées par la musique heavy metal, comme bande-son d’un «gothique» contemporain. Ironie de l’histoire, et aussi relecture ironique de l’Histoire, dénonciation implicite des préjugés, mise en abîme de l’espace et du temps : perçu comme le chef de file d’un renouveau de la science-fiction italienne, Valerio Evangelisti s’est révélé comme un des acteurs majeurs de l’éclatement des genres et de l’abandon des étiquettes, avec une provocante mise au contact des réalités implicites de notre monde.

Selon Stéphanie Nicot (directrice artistique du festival Imaginales d’Épinal), «[…] Metallica, la novella qui clôt ce recueil, décrit un monde de métal, où s’affrontent klanistes, néo-nazis et suprémacistes blancs d’un côté, néo-islamistes intégristes de l’autre : la croix (celtique) contre le croissant ; l’acier vibre et le vaudou anime les corps des crocodiles tandis que l’humanité sombre dans la barbarie généralisée. Pourtant, et c’est l’incroyable tour de force de l’auteur, on finit par avoir presque pitié de ces bourreaux, assassins abjects mais aussi victimes de systèmes idéologiques aussi absurdes que criminogènes ! Et parfois, même un combattant peut faire preuve d’une amère lucidité, comme le fasciste Robinson : "La guerre moderne est une guerre contre les civils. Dans les Balkans comme ici. Donc il n’y a qu’un seul commandement : jamais de remords."»


 

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