Accueil IRPALL > Manifestations > Séminaires réguliers

"Voisins d'ailleurs": altérité(s) dans le récit bref de science-fiction et d'anticipation

le 22 mai 2017
17h - 19h



Séminaire régulier : Fictions de mondes possibles.

Affiche Axe 1

Affiche Axe 1

Responsables scientifiques : Yves IEHL, Jean NIMIS

Intervenante : Irène Langlet, Université de Limoges
Intitulé : Histoires de sexe-fiction, volume de la Grande Anthologie de la Science Fiction (Livre de poche, 1985)


Depuis 2014, le séminaire « Fictions de mondes possibles» s’est donné comme perspective l’exploration des représentations du monde dans le récit bref de science-fiction et d’anticipation dans différentes aires linguistiques (italien, allemand, anglais, espagnol, français, polonais, russe, ...).
Une historicisation de la perspective a permis de mettre en valeur comment le récit bref de science-fiction ou d’anticipation peut, à certaines périodes précises, refléter les visions, les problèmes et les conflits d’un monde en crise, notamment à partir des épisodes saillants qui ont marqué le XXe siècle et le début du XXIe siècle. Ona pu observer ainsi un certain nombre de convergences entre œuvres d’aires linguistiques diverses et donc spécifiques.

Ces croisements de points de vue ont permis de voir comment, dans ce type de récits brefs, produits durant ces périodes charnières ou s’ y référant, se mettent en place les représentations décalées (distanciées ou «étrangéifiées») de phénomènes tels que basculements,franchissements de seuil, changements de paradigme (linguistique, stylistique, philosophique,social, politique, technologique, humain).

La narration de ces phénomènes, par son inventivitémême (dans une palette allant du comique au tragique en passant par le poétique), devient en quelque sorte un miroir, parfois paradoxal, de l’Histoire.
Dans un certain nombre de ces récits de science-fiction et d’anticipation, la thématique de l’altérité apparaît clairement dessinée: du désormais classique «double» au clone et au cyborg, à l’alien et à l’aliénation, jusqu’aux affinités avec le concept du «soi-même comme un autre» forgé par le philosophe Paul Ricœur.
L’«Ère des Empires» et l’«Âge des extrêmes» (selon les termesd’Éric Hobsbawm) ont inspiré nombre de visions inventives qui permettent de voir sous d’autrebsangles les territoires, les temporalités et jusqu’aux existences des êtres.

À des distances nouvelles, l’histoire humaine se trouve ainsi redessinée dans des voisinages inédits, des «terres étrangères» ou des temporalités insolites qui reproduisent les clivages et les affinités historiques, comme on peut le deviner dans Chroniques martiennes de Ray Bradbury (1950), Voisins d’ailleursde CliffordSimak,Les Perles du tempsde Gérard Klein (1958), Persistances de la vision de John Varley (1978), L’anniversaire du monde d’Ursula Le Guin (2002), Radieux de Greg Egan (1998), Le Haut-Lieude Serge Lehman (2008), les nouvelles de Laurent Genefort, celles d’Élisabeth Vonaburg, ou les « réalités déviantes » de Philip K. Dick (pour ne donner que quelques jalons-phares d’un territoire spatio-temporel bien plus ample, qu’il s’agis se des époques ou des aires linguistiques).

C'est donc cette perspective de l’altérité (des altérités) quel’on propose d’explorer durant l’année 2016-2017. Outre l’analyse narratologique et stylistique de la distanciation(ou «étrangéification», «estrangement», « straniamento», « ostranienie» et autres termes spécifiques aux différentes aireslinguistiques) qu’offrent les nouvelles en question, il conviendra de s’intéresser aux diverses facettes de l’altérité telles que présentées par ces récits : qu’il s’agisse des « terres étrangères (à coloniser,terraformer, etc.), des « temps parallèles», de la rencontre (notamment amoureuse) avec l’autre, des« figures de l’autre» (extraterrestres, intelligences artificielles, etc.), des inventions fondées surles possibilités ou les aléas des sciences (robots, androïdes, mutations, clonage, informatique, etc.) ou des questions philosophiques posées par l’identité en tant que telle (par exemple certains des récitsde Poul Anderson dans le recueil Le Chant du barde).

Il s’agira donc d’observer comment le récit bref de science-fiction et d’anticipation donne «un visage neuf à de vieilles questions» (Roger Bozzetto), où les questionsposées par la communicationet par l’altérité refondent les approches de nos «histoires naturelles» et de nos « vices de forme» (Primo Levi), et où cette littérature peut être à la fois un outil d’analyse des cultures et une sourcede contre-culture.

Les séances du séminaire déboucheront sur la journée d’étude du 8 juin 2017.Depar son inscription dans le cadre de l’Institut IRPALL, le séminaire est ouvert principalementaux disciplines, équipes de recherche, enseignants, doctorants et étudiants de Langues, Lettres, Philosophie, Sociologie, Histoire, Cinéma.
 
 

Contact :
Christine Calvet, Institut IRPALL
Lieu(x) :
Université Toulouse - Jean Jaurès
salle E 411, Maison de la recherche

Documents à télécharger :

Résumé de l'intervention :

Le film Premier contact (Arrival, 2016), de Denis Villeneuve, fondé sur une nouvelle de Ted Chiang (L’Histoire de ta vie / The Story of Your Life), ouvre sur une triple rencontre avec l’altérité. Outre la rencontre avec l’extraterrestre, fortement décliné dans son altérité, il offre l’occasion de s’interroger sur l’altérité des langues et des langages, et sur leur très habile exploitation par les auteurs. De l’anglais au français, tout comme du verbal au visuel, on interrogera ainsi un véritable bouquet d’œuvres siamoises qui développe ainsi les «visages de l’autre».



 

Université Toulouse - Jean Jaurès  
Maison de la recherche D147
5 allées Antonio Machado
31058 Toulouse Cedex
Plan d'accès

Contact
irpall@univ.tlse2.fr

Conception graphique et entretien du site :
Christine Calvet & Danièle Morkos

Version PDF | Mentions légales | Conseils d'utilisation | Lien vers RSSSuivre les actualités | haut de la page