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Colloque intenational "Le PAYSAGE ALLÉGORIQUE :

entre image mentale et pays transfiguré."

Publié le 12 juin 2014 Mis à jour le 12 juin 2014

Co-organisation IRPALL Equipe de recherche PLH-ELH Equipe de recherche ELIRE Université Toulouse II-Le Mirail, Maison de la Recherche Salle D29 7-9 avril 2010

Colloque Paysage allégorique image mentale pays transfiguré

Comme l'art de mémoire l'a longtemps enseigné, le penseur, le religieux, le poète, peuvent dire leur quête, leurs choix parfois complexes, leurs grandes expériences intellectuelles ou spirituelles sous la forme d'un voyage, d'un chemin perdu dans la forêt, d'unemer traversée, d'un château retrouvé. Ce serait là le paysage allégorique. Est-il besoin de lui opposer ce moment de l'aventure concrète du voyage où la vision d'un morceau de ce monde, sous une lumière de révélation, se transmue en une connaissance, un langage reconquis? Ce serait là plutôt, sans doute - la forêt, le château, la mer - , ce que la critique post-romantique appelle un paysage symbolique… Mais quand Wordsworth, Thoreau ou Hölderlin gravissent une montagne, il s'agit bien de dire, comme Pétrarque ou Gerson, un itinéraire spirituel. La critique a-t-elle donc tout résolu lorsqu'elle a décidé que Pétrarque au Mont Ventoux n'était pas le premier alpiniste moderne mais le dernier allégorète du Moyen Age?… Nous croyons en tout cas que toute l'Histoire de l'imaginaire européen peut s'organiser autour de la résurgence de ces lieux - montagne, forêt, rivière,mais aussi ville, tour ou porte, ou ruine - qui chez les écrivains, les peintres, les penseurs, reviennent d'âge en âge, intensifiant toujours en nous la capacité de résonance des images du monde. Nous proposons donc aux historiens de l'art, aux spécialistes de littérature française, étrangère et comparée, aux philosophes, aux musicologues de mener une réflexion commune sur la genèse des différentes étapes du paysage allégorique comme discours inscrit dans l'histoire culturelle européenne, depuis au moins le haut moyen âge, mais triomphant chezDante, Pétrarque, Chaucer, se renouvelant dans le Songe de Poliphile, et se prolongeant sous l'apparente transparence de la nostalgique Arcadie comme dans l'autorité plus rigide des peintures d'instruction, ou dans les plus baroques visions. Nous leur proposons d'interroger la rémanence des anciennes images et des anciens recours aussi bien dans lamodernité récente, du Romantisme et de Baudelaire au réalismemagique et à la post-modernité. Nous leur proposons enfin d'éclairer un peu mieux la nature et le rythme de ces transferts entre image mentale et pays transfiguré, qui font de notre expérience du paysage européen la traversé nécessaire d'une géographie magique.