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Programme "Approche pluridisciplinaire des formes et des théories de la diplomatie à la première modernité"

Responsables : Nathalie RIVERE DE CARLES, Jean-Luc NARDONE


 

Le programme « Approche pluridisciplinaire des formes et des théories de la diplomatie à la première modernité »souhaitait confronter les évolutions de la forme générale de la diplomatie aux diverses formes particulières que prend cette dernière. Nous avons observé la diplomatie de centre et celle des marges, ou marginale : l’utilisation grandissante et consciemment systématisée de la diplomatie culturelle, de la diplomatie de niveau 2 ou diplomatie commerciale, et le développement croissant des formes de para-diplomatie.

Si les formes de la diplomatie n’ont eu de cesse d’évoluer, cette évolution doit être confrontée aux cadres humain et matériel de la diplomatie et il faut en étudier les acteurs parfois inattendus et non conventionnels ainsi que les objets conçus ou non-conçus pour l’usage diplomatique. Le rôle de la culture et des arts comme instruments diplomatiques est une perspective d’analyse des évolutions théoriques et pratiques de la diplomatie, mais la littérature et les arts sont aussi envisagés comme des instruments méthodologiques pour comprendre ces dernières.

Le programme s’est articulé en trois phases. Un colloque d’ouverture du programme permettant la rencontre de chercheurs nationaux et internationaux venant d’horizons disciplinaires divers pour entamer un dialogue méthodologique de croisements des approches d’une thématique particulière: les formes marginales de diplomatie telles que la littérature et les arts et leurs méthodologies dans la recherche d’équilibres politiques.

L’extension du débat et du réseau de chercheurs s’est effectuée par le truchement d’ateliers dans des colloques internationaux associant pluridisciplinarité et monodisciplinarité et affinant la démarche analytique d’un point de philologique, esthétique et de philosophie politique. Un colloque réfléchissant à l’articulation des perspectives monodisciplinaire et pluridisciplinaire. Ajout de la dimension linguistique aux questions de dialogues culturels permis par la circulation d’œuvres littéraires et philosophiques et d’objets commerciaux.

Le dernier colloque s’est tenu en juin 2014 et visait à observer les formes théoriques et pratiques changeantes prises par l’art et la science diplomatiques, depuis la veille de la Guerre de Trente Ans et l’avènement du système westphalien jusqu’à ses remises en cause successives aux XXème et XXIème siècles. Il se concentre sur les pays anglophones et les nations avec lesquelles ils entretiennent des relations. C’est la diplomatie des marges, ou marginale, qui est examinée. L’utilisation grandissante de la diplomatie culturelle, de la diplomatie commerciale, et le développement de la para-diplomatie sont au cœur des problématiques abordées par les participants. Si les formes de la diplomatie n’ont eu de cesse d’évoluer, il faut confronter cette évolution aux cadres humain et matériel de la diplomatie et en étudier les acteurs parfois inattendus et non conventionnels, ainsi que les objets conçus ou non-conçus pour l’usage diplomatique. La diplomatie de gouvernement à gouvernement est mise au regard des autres niveaux d’activités diplomatiques impliquant des acteurs non-gouvernementaux et non-officiels. Le rôle de la culture, de la littérature et des arts comme instruments diplomatiques est ici une perspective d’analyse des évolutions théoriques et pratiques de la diplomatie, mais ils sont aussi envisagés comme des instruments méthodologiques pour comprendre ces dernières.

Deux publications ont d’ores et déjà résulté de ce programme. L’ouvrage collectif Soliman et la prise de Rhodes (1522), Cahors, La Louve, 2010, renferme des textes traduits et commentés. Un premier ensemble sont des récits immédiats, rédigés de la main de témoins oculaires et d’acteurs du siège de Rhodes, tant chrétiens que musulmans, comme des lettres d’Italiens qui cherchent à informer Candie, alors possession vénitienne, du déroulement des événements, ou bien le témoignage d’un marchand, Gabriele Taragon ; ou encore des lettres du grand maître de l’Ordre et deux rapports rédigés par le vizir Ahmed Pacha. L’ouvrage propose ensuite deux chroniques chrétiennes, une française et un texte latin traduit en espagnol. Puis deux autres textes plus tardifs, ottomans cette fois, qui sont des écrits d’historiens de la Porte : Loutfi Pacha, personnage en vue des règnes de Sélim Ier et de Soliman, dont il épouse l’une des sœurs, et Ibrahim Petchevi, dont le ton est plus celui du panégyrique que de la chronique minutieuse. Ces récits historiques n’excluent pas le merveilleux tout en cherchant à fournir des données précises, car, d’une rive à l’autre de la Méditerranée, l’historien est encore poète et homme de cour qui veut faire montre de ses talents de plume variés. 

L’autre publication, entièrement en anglais, est issue en partie du colloque « L’étoffe des ambassadeurs » et complétée par d’autres articles. L’objectif était d’observer et théoriser les formes marginales que recouvraient la diplomatie avant qu’elle ne soit strictement définie au XVIIIème siècle. Les rôles d’émissaire, d’ambassadeur, de héraut, de médiateur ne sont pas propres à la première modernité : acteurs de l’ombre plongés souvent dans la lumières des fastes de cours, ils ont toujours assumé ce rôle de médiation entre les princes. Toutefois, la première modernité se distingue en ce qu’elle permet le développement et la systématisation d’une forme particulière d’ambassade: la diplomatie culturelle.

La circulation d’objets d’art, d’étoffes précieuses, de textes, d’un monarque à un autre par l’intermédiaire d’ambassades n’est pas une nouveauté à l’époque moderne. Certes, elle confirme le rôle de l’art en tant que monnaie d’échange politique particulière, mais surtout en se systématisant, elle marque le début d’un positionnement nouveau face à l’art et sa diffusion.

Suivre la circulation des œuvres d’art, de ceux qui les crée et ceux qui les pourvoient, est un moyen de cartographier les réseaux d’influence politiques et économiques de la première modernité. Ainsi a-t-il fallu considérer tous les acteurs de la diplomatie culturelle avant d’identifier les moyens matériels mis en œuvre pour faire fonctionner ce type de médiation ainsi que les lieux parfois inattendus où se pratiquent ce jeu esthétique et diplomatique.

Après la tenue d’un dernier colloque en juin 2014, les conclusions du programme figureront dans un ouvrage consacré au rôle de la marginalité dans les échanges diplomatiques et de son impact national et international.

 


 

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