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Programme "Penser la traduction"

Responsables : Solange HIBBS, Antonella CAPRA, Nathalie VINCENT-ARNAUD


Ce programme intitulé Penser la traduction : histoire, permettant d’aborder la traduction dans des espaces géographiques et linguistiques différents ainsi qu’à des époques diverses, est également une réflexion ouverte aux apports de l’interdisciplinarité. La traduction en tant qu’activité complexe et multiforme suscite l’intérêt de chercheurs et de spécialistes dans des domaines aussi divers que la linguistique textuelle, la psycholinguistique, l’analyse du discours, la littérature, l’histoire des idées et de la culture. Au cours des dernières décennies, les études sur la traduction en tant qu’activité (la traduction est une médiation) et en tant que résultat (critique des traductions) occupent une position de moins en moins marginale et circonscrivent un champ d’étude à part entière. Dans ce champ de recherche, il s’agit de penser la traduction non pas en fonction de critères préétablis par une autre discipline mais en fonction de la spécificité qui est la sienne.

 La réflexion sur la traduction s’intègre résolument dans le champ de l’histoire culturelle et implique des croisements entre domaines de spécialités et chercheurs différents. Les démarches entreprises dans le domaine de la traductologie ne peuvent être réduites à une seule opération réflexive, ni à un seul espace géopolitique. Pour cette raison il convient de s’interroger sur les objets qui ressortissent aux différentes branches des études de la traduction Ces interrogations ont été enrichies par l’apport d’études sur l’histoire et l’historiographie de la traduction.

Quelques axes essentiels sont proposés pour afin d’encourager une réflexion attentive à la diversité des théories, des méthodes, des forme sans perdre de vue la nécessité de donner à cette réflexion des concepts et des techniques d’analyse :

1.      L’histoire et de l’historiographie de la traduction qui permettent d’aborder les questions de traduction et de transfert interculturel à partir de différentes perspectives et avec des spécialistes d’autres domaines des sciences humaines. L’histoire des traduction peut permettre d’impliquer les spécialistes des disciplines ou pratiques où s’investit la traduction et , de manière générale ,tous ceux que la question des échanges interculturels intéresse

2.      La métahistoriographie de la traduction : elle concerne la réflexion sur les concepts et les méthodes au service de l’écriture historique et aux nombreuses questions épistémologiques et méthodologiques suscitées par l’utilisation de ces concepts et méthodes. Parmi ces questions se posent celles de l’analyse de l’espace (aires nationales, régionales, etc…), de la périodisation (qu’en est-il des concepts de génération, âge, siècle, période, postmodernisme), le mode présentation ou format le mieux adapté à l’objet d’analyse (analyses discursives des traductions, analyses empiriques des processus de la traduction, analyse sociologique du rôle et de l’habitus du traducteur) sans oublier la question du métalangage, c’est-à-dire de la terminologie utilisée par les chercheurs et practiciens et formateurs pour parler de la traduction.

3.      La traduction « écrivante » : traduction et création : la spécificité de la traduction est d’être devenue sujet et objet d’un savoir propre qui suscite nombre de questions épistémologiques. La traduction est de moins en moins considérée dans un simple rapport de hiérarchie avec l’écriture, elle est devenue un lieu de réflexion sur l’écriture elle-même. La réflexion traductologique doit être en mesure de rendre compte de la complexité du continuum qui lie le traduire à l’écriture. Il est légitime de s’interroger sur la valeur de la traduction comme lieu d’expérimentation et de réflexion sur l’écriture, sur les liens qui unissent traduction et création chez certains écrivains au sens large du terme, à l’auto-traduction comme dédoublement qui produit sa propre esthétique de réception. C’est dans cette perspective que peuvent être analysées certaines pratiques comme l’adaptation, la réécriture, ou la « tradadaptation » ou la « transcréation » pour reprendre certaines métaphores hybrides à l’image de ce processus. La traduction peut ainsi devenir un espace d’expérimentation qui interroge l’absolu de l’écriture et relativise les notions d’autorité et de canon. Elle est aussi un espace de « trans-gression » favorisant des stratégies de résistance face aux normes et aux règles de l’environnement social et politique dominant. C’est le cas dans la constitution d’affirmations identitaires liées au genre et aussi dans le cas d’une traduction à visée émancipatrice Dans certains contextes nationaux particuliers de domination, l’appropriation linguistique et culturelle par la traduction peut donner naissance à de nouveaux textes .

Le prolongement de cette réflexion mène tout naturellement à certains des enjeux majeurs que la traduction révèle dans le contexte mondial actuel : dans des espaces culturels divers, multilingues et plurinationaux, comment traduire des textes d’une langue semblable mais culturellement hétérogènes ? Dans quelle mesure l’acceptation de l’altérité et de la différence favorise le partage d’espaces de compréhension communs et comment les pratiques et les politiques de la traduction peuvent y contribuer ? Autant de perspectives d’échange qui s’inscrivent dans un champ de recherche encore trop peu développé dans le monde universitaire.

Ces séminaires annuels favoriseront les perspectives pluridisciplinaire et comparatiste et peuvent constituer, de façon complémentaire et différente, la réflexion menée dans certains laboratoires de recherche comme LLA-CREATIS où la traduction s’inscrit en tant que médiation parmi d’autres, dans le champ plus large des transferts interculturels

Les Journées d’Etudes pourront bénéficier d’une visibilté d’un espace de publication privilégiés avec la revue électronique La main de Thôt ,Théories, enjeux et pratiques de la traduction, engagée dans une démarche interdisciplinaire et interculturelle et qui s’appuie sur un partenariat fort avec l’Institut de Recherche pluridisciplinaire en Arts et Langues (IRPALL) et différentes équipes de recherche de l’UTM (LLA-CREATIS (Lettres Langage et Arts), le C.A.S (Cultures anglo-saxonnes), le CREG (Centre de Recherche et d’Etudes Germaniques), le CLLE-ERSS (Cognition, Langues, Langage, Ergonomie, Equipes de Recherche en Syntaxe et Sémantique). Programme : deux Journées d’Etudes ont déjà été organisées dans le cadre de ce programme : Traduction et genre (2013) et Traduction et mémoire (2014). Elles ont permis d’impliquer des collègues, chercheurs et traducteurs de langues et de disciplines différentes et ont démontré l’intérêt de l’approche interdisciplinaire.

Deux conférences magistrales ont également eu lieu avec des spécialistes reconnus du domaine : Claude Hagège (2010) et Yves Chevrel (2013). Dans le cadre de ce programme, il est proposé d’organiser deux Journées d’Etude par an avec un éventuel prolongement avec un colloque.



 

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